PAF le punk – sa jeunesse

En cadeau bonus parce que c’est le week-end (et que j’ai scandaleusement escroqué mon lectorat avec la dernière semaine), une chronique extraite de l’émission Tetris diffusée vendredi 8 novembre sur CampusFM, et que vous pouvez réécouter dans son intégralité, si vous avez une heure devant vous (ou avancer tout de suite à 13:30, comme si vous regardiez un film de genre.) Nous y rendions hommage à Pierre-André-Fabrice, alias PAF, le plus grand punk de l’histoire…

Mes plus plâtes excuses pour les fautes d’orthographe, de syntaxe, de grammaire et de bon goût – tout cela était fait pour être écouté, plus que lu…

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Paf_le_punk by Tétris on Mixcloud

Paf est né un beau jour. Ou peut-être une nuit. Ses parents ne savent plus, ils étaient encore passablement shootés de la veille quand la mère s’est rendu compte qu’elle avait pas saigné depuis un mois. Et elle était tellement torché le jour de l’accouchement qu’en perdant les eaux, elle a retrouvé les glaçons du pastis.

La sage-femme qui l’a récupérée à la maternité Henry Krasucki de Montrouge a failli tout faire capoter. Quand on lui a dit qu’elle pouvait en avoir pour plusieurs heures de travail, elle a commencé à monter une barricade avec le lit à roulette de la salle d’attente, pendant que son mari improvisait une banderole avec les compresses sales de l’opération de l’appendicite d’un camarade. Elle n’accoucha qu’après d’âpres négociations, et surtout parce que la Novocaïne de l’anesthésie était à peu près le dernier truc auquel elle s’était jamais shooté, et qu’elle voulait bien mourir sale, d’accord, mais pas idiote.

Donc, Paf a fini par sortir, recouvert d’immondices et hurlant comme un boeuf, du vagin de sa mère complètement droguée, ce qui fit déclarer au médecin « si jeune, et il fait déjà tout comme son papa. » Le cordon ombilical à fait une jolie laisse pour le clébard, et une boite de canigou en moins à payer au passage.

Quelques jours plus tard, comme le veux la coutume, les parents réunissaient tous leurs amis au Filochard pour tremper publiquement le nouveau né dans la Kanterbrau (et habituer les toutous à son odeur, histoire d’éviter de gâcher neuf mois de patience et de perdre les allocs sur un coup de mâchoire instinctif.)

Paf eu ensuite une enfance, assez classique, jalonnée de ces étapes qui forment la vie de tout marmot.

A 2 ans, pour lui former son oreille musicale, son oncle Vicious lui offre un compilation d’Henry Des, réinterprété par Hubert Felix Thieffaine, Renaud et les Ramones.

A 4 ans, il reçoit sa première peluche de Rotweiller, pour jouer à faire la manche comme papa et maman.

A 6 ans, il se met à jouer au mécano, avec des vraies pièces que son papa a taxé sur la MBK d’un voisin certes hargneux et capitaliste, mais faible et peureux.

Tout n’est pas rose, attention. A 8 ans, il se remet à faire pipi au lit, comme beaucoup d’enfants de son âge. La DASS locale l’envoie chez un psy qui détecte un grave trouble de la personnalité du à un manque criant de repère et de stabilité dans une cellule familiale en rupture avec la société. Son père pète la gueule du psy, sa mère lui fait les poches, et tout deux reconnaissent que 8 ans, c’était peut-être un peu tôt pour le Picon-bière.

A 10 ans il fait sa première manifestation, à 11 ans il se fait sa première manifestante.

A 12 ans, la puberté le frappe, et c’est le début des emmerdes. En une semaine, il passe de (voix de fausset) « Maman, maman, je peux aller jouer au foot ? » à (voix d’adolescent en pleine mue) « Maman, maman, je peux aller casser du skinhead ? »

C’est à 16 ans qu’au cours d’une soirée chez des amis, il tombe nez à nez avec Anne Sophie. Celle qui le fera basculer était alors en pleine crise d’adolescente, en rébellion contre ses vieux cons de parents giscardiens et chiants comme la mort (c’est dire si ils avaient le goût du pléonasme) et qui en plus faisaient rien qu’à vouloir la forcer à vivre une vie de nonne, alors qu’elle est demandait simplement à comprendre le monde, à aimer son semblable, à leur faire ouvrir les yeux sur les réalités de la planète, et merde quoi pourquoi elle aurait pas droit à un scooter comme Julie, ses parents à Julie ils sont cools, et si c’est ça elle va fuguer et aller se prostituer en fumant de la coke avec les beatnicks et vous seront bien contents quand je serais moooooooooooorte.

Bref, ce soir là, elle avait décidé d’intégrer le monde des punks, mais comme elle débutait en nihilisme, elle s’était dit que le radicalisme politique, la drogue à outrance et le sexe libre c’était peut-être un peu trop, et qu’elle allait se contenter des cheveux verts et du rock britannique.

C’est là qu’elle tombait nez à piercing avec Paf.

Au milieu des volutes de fines herbes qui fleuraient bon le colonialisme, leur regards se croisèrent, ou se croisirent, enfin ils se sont foutus les yeux de l’un dans les pupilles de l’autre, et merde à la grammaire, encore un truc de vieux patriarche mal baisé, ça, la grammaire, et donc il y eu regard, et donc il y eu étincelle, et donc et il y eu comme de l’électricité dans la salle pendant un instant, ce cela étonna vachement les gens, vu que EDF avait coupé le compteur du squatt depuis plusieurs semaines.

Une idylle venait de jouer ses premières notes, ce qui est quand même vachement fort pour un poème. Tout les opposait, mais la vie avait décidé aussi de piquer sa crise et d’envoyer bouler les règles. Tels Montaigu et Capulet s’embrassant au cercueil, tels le jour et la nuit s’effleurant au crépuscule, tels des ministres écologistes dans un gouvernement PS, Paf et Anne-So n’avaient aucune raison d’être ensemble, et ne pouvait déjà plus se quitter. Mais tout cela, c’est une autre histoire…

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